Imaginer les lézards heureux

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"Au départ, il y a l'oeuvre de Stig Dagerman, et plus particulièrement L'Ile des condamnés. Des êtres livrés à eux-mêmes sur une île inhospitalière sont confrontés à des lézards géants. Ensuite, il y a cette célèbre formule de Camus : «Il faut imaginer Sisyphe heureux». S'emparant de l'œuvre et du mythe, Ludovic Chazaud construit une fable nouvelle sur l'absurdité de l'existence et sur la conscience que nous en avons. Tels des naufragés du monde, six personnages se retrouvent sur les marches d'une villa en tenue de vacanciers. Chacun se raconte, évoque un passé lointain, puis ensemble ils tentent d'agir afin de dépasser leur propre histoire et d'échapper ainsi à leur condition. Autour de barbecues, de lézards effectuant leur mue, ils entament alors un jour nouveau placé sous le signe de la folie libératrice. Sur un mode contemplatif ou absurdement délirant la Cie Jeanne Föhn nous propose un spectacle nourri d'imaginaire qui tente de faire la nique à nos angoisses contemporaines."

Au Grütli, 'Imaginer les lézards heureux', Mise en scène Ludovic Chazaud, 25.02 06.03 2016

Note Fred

Selon le site officiel du Grütli[1], "Dans sa pratique, Ludovic Chazaud s'attache à faire retentir des «textes dans lesquels les auteurs se cachent légèrement derrière leur personnage pour se raconter»." On dirait presque un extrait du dernier Nanni Moretti, si vous l'avez vu vous comprendrez mon propos...

Les acteurs sont acceptables, la mise en scène pas malhonnête. Le décor donne envie de se faire hara-kiri et la lumière suggère que l'auteur place sa pièce dans la nuit polaire. Mais le vrai problème pour moi est le texte: Dagerman, journaliste anar suédois, pas vraiment un marrant qui se suicide à 31 ans, aura quand même survécu huit ans à l'écriture de L'Ile des condamnés.

C'est long, huit ans.


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  • Dernière modification: 2019/02/24 11:21
  • par radeff