Ödön von Horvath, Légendes de la forêt viennoise

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Mise en scène : Frédéric Polier

Musique : Philippe Koller

Arrangement scénique : Pietro Musillo

Lumière : Jean-Michel Broillet

Costumes : Florence Magni

Entretien costumes : Samantha Landragin

Maquillage et coiffure : Arnaud Buchs

Administration : Rachel Deléglise

Stage : Pauline Steiner et Ariane Testori

Avec : Pietro Musillo, Pascale Vachoux, Fabienne Barras, Monica Budde, Amélie Chérubin-Soulières, Emilie Blaser, Roberto Molo, Olivier Periat, Diego Todeschini, Freddo L'espagnol, Thierry Jorand et François Florey

D’un côté la campagne viennoise et ses paysages bucoliques. De l’autre une Vienne de l’entre-deux guerres en pleine débâcle financière. Vienne joue ! Vienne achète et vend ! Vienne spécule sur les cendres de l’ancien empire austro-hongrois. Les quartiers populaires vivotent, la boucherie reste florissante et le tabac également. Mais la boutique de jouets et d’articles de magie périclite : quoi de mieux qu’un bon mariage pour relancer les affaires ? Les fiançailles de Marianne, la fille du Roi de la magie, avec Oscar, le boucher ami d’enfance, donnent lieu à des agapes au bord du Danube. Las, celles-ci partent en eau de boudin et le mélodrame commence. Pourtant, de guinguette en music-hall, la fête se poursuit... Horváth expose la stupidité et l’hypocrisie qui se cachent derrière les comportements et préjugés des petits bourgeois. Sa peinture sans concession de ces déclassés de l’Allemagne et de l’Autriche des années 1920, terreau fécond du nazisme à venir, vaudra à Horváth un exil définitif. Recourant aussi bien à l’écriture cinématographique qu’à l’opérette ou au mélodrame, le dramaturge propose ici sa version de la pièce populaire sous forme de mise en garde face au populisme. Une langue stylisée et musicale met en relief avec tendresse les infinies variations de la bêtise humaine. La pire restant celle qui s’ignore.

Ӧdön von Horvath naît en 1901 à Fiume. Ses premiers textes montrent déjà les thèmes fondateurs de son œuvre: la culture populaire et l’histoire politique de l’Allemagne. Devant la montée en puissance du NSDAP, les pièces de Horvath mettent en garde contre le danger fasciste. C’est en 1931 qu’il obtient la reconnaissance de son talent: ses deux pièces majeures, La Nuit italienne et Légendes de la forêt viennoise, sont montées à Berlin. En 1933, Foi Amour Espérance ne peut être présentée à Berlin suite à des pressions du gouvernement nazi. Il fuit l’Allemagne et s’installe à Vienne. Il meurt le 1er juin 1938 à Paris, frappé à la tête par une branche arrachée par le vent. Dans l’une de ses poches, on retrouvera un billet aller pour les États-Unis. Dans l’autre, une revue pornographique.

Note Fred

Malgré la critique assassine et facile de sortir,ch, on a bien aimé. Et on avait avec nous deux ados et deux très jeunes adultes, qui ne se sont pas ennuyés un instant. On a toutefois nettement moins apprécié la seconde partie (peut-être parce qu'ils n'avaient plus de sandwichs à la cafétéria, faut dire que 4 heures de théâtre, ça creuse), particulièrement la scène du cabaret, avec des ficelles un peu trop grosses à mon goût (l'allusion à DSK manque de finesse). Mais la première partie est excellente, et Polier nous livre une lecture contemporaine et féministe de cette pièce toujours très actuelle. C'est au Grütli jusqu'à dimanche soir.

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  • Dernière modification: 2019/02/01 07:42
  • par radeff