Ian Rankin & John Rebus (1/n)

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J'avais lu tout Rankin au début des années de ce siècle. Et je ne me souvenais pas que c'était aussi bon!

Je me suis remis à l'intégrale depuis quelques semaines, jusqu'ici:

Knots and Crosses (1987) ; L'étrangleur d'Édimbourg

rankin_etrangleuredimbourg.jpeg John Rebus parcourait la jungle de la ville, une jungle que les touristes ne voient jamais, trop occupés à mitrailler les temples dorés du passé.

Édimbourg était une ville d'apparences ; le crime n'y était pas moins présent, tout juste plus difficile à repérer.

Édimbourg était schizophrène, la ville de Jekyll et Hyde, bien entendu, mais aussi celle de Deacon Brodie, des manteaux de fourrure sans petite culotte, comme on disait à Glasgow.

Mais c'était aussi une petite ville.

Un avantage pour Rebus. Il traqua sa proie dans les bars à voyous, dans les lotissements où le chômage et l'héroïne tenaient lieu de blason, parce qu'il savait que quelqu'un d'aguerri saurait survivre dans cet anonymat.

Jetant un coup d'œil à la ronde, il vit qu'il avait atterri au cœur du désespoir.

Le premier Rebus - comme toujours, le meilleur... Tout y est, la graine contient l'arbre.

Hide and Seek (1991) ; Le Fond de l'enfer

rankin_lefonddelenfer.jpeg Un junkie retrouvé mort dans un squat d'Édimbourg, juste un cadavre dont le corps a été placé sur le sol selon un étrange rituel. Une jeune fugueuse terrifiée qui pense que son ami a été assassiné. Mais tout le monde s'en moque. Ce sont les déchets de la société, des drogués et des petits délinquants. Mieux vaut s'intéresser aux nouvelles entreprises en plein essor et aux lotissements flambant neufs qui vont apporter la prospérité à une ville qui se vante déjà de sa " qualité de vie ". Il n'y a guère que l'inspecteur Rébus pour s'en préoccuper, sentir quelque chose de trop malsain, de trop dangereux pour être laissé dans l'ombre... Quelque chose qui n'est peut-être pas sans lien avec le monde merveilleux que promettent promoteurs et publicistes...

Excellent

Tooth and Nail (1992 - publié à l'origine sous le titre Wolfman), Rebus et le loup-garou de Londres

rankin_loupgaroulondres.jpeg Un tueur en série sème la terreur à Londres. Parce que sa première victime a été retrouvée dans Wolf Street (rue du Loup), parce qu'il laisse une morsure sur le ventre des femmes qu'il assassine, la presse l'a baptisé le Loup-Garou. Désemparée, la police londonienne fait appel à l'inspecteur John Rebus en qui elle voit, depuis l'affaire de L'Etrangleur d'Edimbourg, un expert ès tueurs en -série. L'Ecossais plonge alors dans l'univers de la métropole, avec ses métros bondés et -ses quartiers dangereux. Fidèle à lui-même, Rebus ne se fait pas que des amis dans la police londonienne et manque d' -renvoyé à Édimbourg. Quand une jeune et séduisante psychologue propose de réaliser un profil du tueur, l'occasion est trop belle pour qu'il la refuse. Toujours adepte des méthodes peu orthodoxes il cherche encore à provoquer l'assassin. Celui-ci néanmoins garder une longueur d'avance sur la police: Meurtre après meurtre, le Loup-Garou, rattrapé par sa folie, sombre peu à peu dans une spirale destructrice qui menace d'emporter Rebus et sa jolie - mais pas si innocente - psychologue...

Ouh qu'il est bon celui-ci... Outre les aspects socio-économiques qui caractérisent le travail de Rankin, on a ici un thriller dont le suspense est simplement haletant. Un de mes préférés.

Strip Jack (1992) ; Piège pour un élu

rankinpiegepourunelu.jpeg Lorsque Gregor Jack, jeune et brillant député, se fait surprendre dans un bordel à l'occasion d'une rafle de police, la presse à scandale est prompte à se déchaîner. Si le sémillant politicien peut compter sur le soutien du Clan, un groupe d'amis qui ne se sont jamais perdus de vue depuis les bancs de l'école, en revanche, Liz, son épouse, une riche héritière, brille par son absence. Ce qui pouvait passer pour une bouderie vire à la tragédie lorsque le cadavre de la jeune femme est retrouvé. Plus aucun doute n'est permis : quelqu'un veut la peau de Jack. L'inspecteur Rebus se retrouve alors plongé dans un univers de faux-semblants, où les paillettes cachent souvent une réalité des plus glauques. Pris entre une hiérarchie calculatrice et des subordonnés entreprenants, il mène l'enquête dans la campagne écossaise, s'ingéniant à faire tomber les masques les uns après les autres.

Trop génial, la scène initiale. Rankin nous montre le sommet de l'humour - noir - policier, qui rappelle un peu "Les Terroristes" de Sjowall Wahlo.

Let it Bleed (1996) ; Ainsi saigne-t-il

rankinainsisaignetil.jpeg La police a pris en chasse deux adolescents qui prétendent avoir enlevé la fille du maire d'Édimbourg. Acculés, ils se jettent d'un pont sous les yeux de l'inspecteur John Rebus. Hanté par cette image, Rebus tente de retrouver la jeune fille disparue et d'en savoir plus sur les deux jeunes gens. C'est alors que survient un second suicide, spectaculaire et encore plus suspect...

De la chute initiale à la  chute finale, Rankin nous tient ici dans un conte moral exemplaire. Shakespearien.

Suite et fin des aventures de Rebus prochainement... Quand je les aurai finis.

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  • Dernière modification: 2019/07/04 11:15
  • par radeff