Jean-Hugues Oppel: Ambernave

très bon polar français

Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Dans le port d'Ambernave, il y a des marins, ce qui en soi n'a rien d'étonnant. Il y a aussi Emile, l'ancien docker misanthrope, qui boîte et boit. Qui a trop lu Steinbeck. Qui cherche un homme sur les quais sans le savoir, au hasard de ses errances portuaires. Et le trouvera dans l'haleine glacée des brumes océanes, pour vivre enfin le livre à sa manière.
Des petits chiens et des ombres.
Un roman noir insolite et envoûtant par l'auteur de Brocéliande-sur-Marne.

Les dix premières lignes :

Dans le port d'Ambernave, il y a des marins, ce qui en soi n'a rien d'étonnant.
Dans le port d'Ambernave, il y a des marins qui ne chantent pas, parce que le cour n'y est plus. Parce qu'ils n'ont plus de rêves. Ce qui les hante, c'est la fermeture totale des chantiers navals, le chômage, la mise au rencart. La crise. Les premiers bassins condamnés se remplissent de vase et d'algues en chevelures moribondes, ceux qui travaillent encore exhalent déjà une odeur de rouille et de désespoir mêlée aux senteurs acides des arcs électriques du robot soudeur, machine aveugle et sourde aux plaintes humaines. Un linceul d'ozone enveloppe les superstructures géométriques d'un géant des mers à l'ébauche sur sa rampe de lancement, ultime navire dont l'étrave labourera la baie au jour du baptême ; des lèvres d'écume sale se refermeront sur son sillage dans un clapot lugubre. Comme on suture une plaie (...).

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  • Dernière modification: 2019/02/11 21:25
  • par radeff